Invites

Travail et décision. Programme.pdf

Des paroles amies, compagnonnes ou conniventes. Des paroles qui font du bien. Au moral pas toujours, mais au penser et au courage, sans hésitation.

  • 2022.12.18. Elne. Fabre, corps, lieu, milieu
    Avec mon amie Florence Fabre, nous continuons depuis plusieurs années une discussion autour de l’essai de d’art-thérapie institutionnelle qu’elle porte, avec d’autres, dans le cadre de l’association Art&Motion (cf. ci-dessous notre précédent entretien du 09.01.2021). Cet essai s’opère concrètement en mettant en place deux lieux. Le premier est l’accueil de jour L’accueillette, structurée à partir des activités de « La vie quotidienne ». Il est redoublé par un second lieu, de transmission celui-là, La Tuchê, où nous travaillons dans une ambiance théorique et clinique où dialoguent une certaine conception de l’art-thérapie (d’inspiration psychanalytique via, en particulier, l’enseignement de Laura Grignoli), la psychothérapie institutionnelle et la sémiotique peircienne (ap)portée par Michel Balat (cf. ci-dessous, son enregistrement du 18.09.2016). Cet ensemble de lieux communique, dans un circuit d’échange appréhendable à hauteur de l’association Art&Motion.
    Relier sans confusionner, distinguer sans disjoindre ces différents lieux, c’est la gymnastique la plus épuisante, la plus nécessaire, à la permanence d’une fonction thérapeutique dans l’espace du Mas-Flore — l’ancien verger familial ayant persévéré dans sa fonction de jardin, mais ouvert aux fleurs plus bizarres de la psyché et du corps humains. À chaque fois, à cette gymnastique, une seule tâche, toujours à refaire, jamais assurée d’une quelconque stabilité : réinstiller du lien, dégager sans cesse l’hétérogénéité des lieux et des états de l’être-là, la disparité subjective. Cette disparité subjective, Lacan disait qu’elle était le plus précieux produit de l’expérience du transfert, est avant tout ce qui peut s’effondrer le plus vite dans l’abîme de la souffrance psychique, s’écraser dans l’usure quotidienne qui cède sur la nécessité d’une analyse institutionnelle permanente de « ce qu’on fait là », ou se caricaturer dans les barrières statutaires, supposées bien franches, mais en fait aussi superficielles qu’un sparadrap sur une jambe en bois, et aussi mortifères.
    La tâche est d’autant plus ardue que du côté de la transmission, La Tuchê n’est pas un centre extérieur qui serait comme une enclave fermée à la vie de L’Accueillette, et encore moins un parasite qui ferait de la vie en souffrance un « terrain d’application ». Elle est à la fois radicalement hétérogène, et immédiatement reliée, à la vie du mas. Ce qui autorise donc la possibilité que, sous l’objectif établi de la « formation à l’art-thérapie institutionnelle », puisse exister une continuité de la fonction thérapeutique (pas une confusion épuisante) : dans ce lieu où l’ambiance est celle d’une transmission et d’une théorisation permanente de notre être-là et de nos outils, la clinique questionne le sujet esquinté, mais travaillé, bousculé, réarmé, sans lequel nulle d’entre nous pourrait décemment accueillir « le lointain de l’autre ».
    Pas étonnant, donc, que dans La Tuchê, beaucoup des personnes arrivées au Mas-Flore plutôt mal en point, en soient venues à éprouver, via La Tuchê, combien elles en savaient long, et profond, sur une art-thérapie institutionnelle qui ne serait pas du semblant. Plus que toute autre, ces personnes savent ce qu’est « la vie quotidienne de l’Accueillette ». Jean Oury reprenait souvent le vers grec cité par Jacques Schotte : Pathei mathos. « Le savoir par l’épreuve » : tout savoir véritable se conjugue à l’éprouvé, il n’est de savoir qu’encaissé. Oury disait alors que les entretiens d’embauche à La Borde consistaient à savoir repérer ceux qui avaient un diplôme de « pathei mathos », le seul véritable savoir mobilisable dans la si complexe simplicité de la vie quotidienne. Parallèlement, Oury écrivait, comme en passant : « la psychothérapie institutionnelle se structure à partir du psychotique », dans un texte précisément appelé « Place de la psychothérapie institutionnelle ». Eh bien, cette méditation sur la place, cette structuration d’un savoir véritable à partir de la praxis concrète et de ses sujets abîmés, c’est ce qui court tout au fond de l’analyse permanente que Florence mène dans cet entretien. Et à Elne, l’image d’Eschyle est prise au pied de la lettre, et c’est bien des diplômes de pathei mathos qui se monnayent à La Tuché. Et sauf erreur de ma part, en psychiatrie comme en art-thérapie, ça ne se trouve pas sous les sabots d’un cheval…

  • 2022.11.07. Boulanger. Chambre de développement. Photographie et clinique institutionnelle

  • 2022.10.22. Colloque Guattari. Legrain. Éditions d'Une et psychothérapie institutionnelle, éthique et esthétique d'une écologie éditrice.
    Une grande semaine a rappelé que Félix Guattari n’est pas mort il y a tout juste trente ans. C’est notre copain Valentin Schaepelynck qui, au nom d’Experice, a été l’une des chevilles ouvrières de cet événement, avec toute la bande de Chimères, des philosophes de Paris 8 et quelques autres, d’un peu partout, et dans l’environnement intellectuel, politique et clinique. Entre autres, un groupe de travail s’est construit autour de la praxis éditrice des Éditions d’Une, fondées par Sophie Legrain — je n’hésite pas à dire que ces éditions, au sens tant intellectuel que matériel du geste, offrent enfin à la psychothérapie institutionnelle une exigence (d’édition critique, de souci esthétique) digne d’elle. (Et ce, sans offense ni mépris, oh que non, pour tous les efforts qui, durant des décennies, ont fait vivre, voire survivre, ce pan sinon nié de l’histoire contemporaine de la psychiatrie, de la psychanalyse, et pour tout dire d'une anthropologie qui ne se laisse pas séduire par le positivisme et le refoulement de la négativité freudienne.)
    Cette discussion en est légitimement venue à ne pas parler pour ne rien faire, ou du moins essayer. Et donc questionner les conditions nécessaires pour qu’une telle écologie puisse trouver, dans cette université qui est l’établissement de nos métiers, à la fois un milieu plus ample, intégrant, mais aussi, ce qui est plus rare (c’est un euphémisme), un milieu homogène à une telle écologie des fragilités praxiques, dans son éthique, accueillant et tout aussi traversé par un certain sens du précaire. L’analyse institutionnelle, si elle veut être autre chose qu’un « objet » de colloque, ne pouvait autrement achever sa course qu’en venant questionner « ce qu’on foutait là » — ce qu’on faisait réellement, c’est-à-dire tenter de construire, concrètement, des conditions d’accueil à une valeur dont ne reconnaissions la nécessité, et la vertu redéployante pour nos arabesques diverses, personnelles, groupales, hétérogènes. Car publier des livres n’est pas que livrer du papier et de l’encre, c’est aussi participer d’une circulation du sens, et du permanent de relance des conditions concrètes, et qui sait véritables, pour que de la fidélité à la singularité désirante de nos existences et de nos paroles.
    Un « petit peuple là-bas », pour reprendre une part du titre du beau film de Catherine Vallon, un petit cercle imparfait et sereinement hétéroclite entre gens de Saint-Denis, de Weimar, de New-York, Tel-Aviv, São Paolo, Ménilmontant… Ce petit moment de pas grand-chose, dans la fatigue où s’achève un colloque, et dans le bricolage improvisé qui est, lui aussi, une façon de « programmer du hasard » et de « greffer de l’ouvert », a eu quelque chose de tout simple. Un banc, des chaises, dans la pelouse tranquille d’une université désertée, un groupe de gens s’assoit et s’écoute, et se parle. Sans hâte, tranquillement, sérieusement. Sans hystérie, sans ça-va-de-soi, sans trop de jeu, ou au moins un jeu sérieux à la tonalité duquel nous nous laissons aller à nous fier suffisamment (donc pas trop). Juste assez de lassitude pour nous sentir peu à peu nous délasser, dans la fin d’après-midi tiède, quelques odeurs d’herbe et terre. Et de fréquents survols carbonés qui nous rappellent qu’en matière d’écologie environnementale et sociale, nous sommes dans l’université du 9.3, et que parler de l’écologie psychique et politique n’est jamais anodin. D’une certaine douceur, qui n’a rien d’incompatible avec une radicalité et une subversion, pour peu que ces dernières sachent garder un certain sens du précaire et du sérieux, bref un peu d’humour.
    Pour rappel, Sophie a participé l’an dernier à des séances de la CoopÉ, et au tout premier « séminaire satellite » consacré à la traduction et la transmission de la psychothérapie institutionnelle : 2022.03.17. CoopE. Clinique et traduction institutionnalisantes, 1. Miwaki, Legrain & al. et 2022.04.15. Clinique institutionnelle, 2. Transmission, traduction. GTPSI, PI, Lacan, phénoménologie. Vide et négativité. Une discussion qui a permis à mon, à notre, amie de présenter l’histoire, l’éthique et l’épistémologie constitutives de cette praxis éditrice, de ses enjeux premiers, et permanents, et de ce qui fait son écologie fragile et riche.

  • Yasuo Miwaki, notre ami psychiatre, auteur et traducteur de psychothérapie institutionnelle au Japon, a invité Pierre Delion et Yoko Kamio à donner cette conférence sur l'autisme à l'Université Sophia, à Tokyo, le 11 septembre 2022.

  • 2022.02.18. Petit. À voix basse. Clinique à hauteur pathique
    2022.02.19. Petit. À voix basse. intégration, inclusion, tenir lieu (ATTENTION: ma piètre maîtrise technique fait que l'entretien ne commence qu’à 12.19 minutes !)
    Didier Petit, pédopsychiatre, parle de sa clinique, de son vécu, de sa lecture de ce qu’est être au monde dans le registre de l’éthique, à hauteur la plus fragile et la plus sensible. À hauteur de « pathique », ce terme issu de la phénoménologie psychiatrique qui a infusé si profondément dans toute l’aire de la psychothérapie institutionnelle dont ces deux entretiens qu’à sa voix basse, dans un soir puis un matin de février pas prévus, cet ami a bien voulu m’accorder. Didier a longtemps été (et demeure), parmi plusieurs autres, l’un des membres du DU « psychothérapie institutionnelle et psychiatrie de secteur », fondé par Frank Drogoul. Sa voix, ici, est bien celle que j’ai toujours eu bonheur à entendre. Ses propos sont à relier à l’ensemble des moments où nous parlons de sémiotique dans cette partie clinique, mais aussi dans les séminaires Sémiotique, pratique, clinique et Le sens intègre, et régulièrement dans nos arrêts d’autobus de la Coopérative d’écriture.

  • 2021.11.26. Tours, Trois métiers impossibles, 2. Pierre Delion (et un peu ma pomme). Faire accueil, portance, résistance : conditions psychiques d’une politique de la folie
    La présentation de cette intervention, dans le cadre du colloque Éduquer, soigner, gouverner: trois métiers impossibles. La pédagogie institutionnelle et les pratiques institutionnelles, des réponses possibles, se trouve dans les Invites pédagogiques.

  • 2021.03.17. DU PIPS. Delion, Pédopsychiatrie transférentielle, sémiotique, analyse institutionnelle, réunion
    (Nota bene. Pierre Delion commence son propos à partir de 9.28.)
    Lors de notre Diplôme universitaire « Psychothérapie institutionnelle et psychiatrie de secteur », notre ami Pierre Delion, pédopsychiatre et l’un des principaux acteurs de la psychothérapie institutionnelle, nous a fait le grand bonheur de retisser, deux heures et plus durant, le sens, la portée, et quelques étapes de son cheminement à travers l’autisme, la psychose, l’humanisme et la ruine d’une certaine conception de l’humanité et de la folie. Un régal d’écoute, une occasion de plus d’étoiler notre constellation clinique, humorale et éthique vers nombre de repères, de repaires, qui nous aident à tisser le sens de nos praxis, et surtout à faire en sorte qu’il ne se démaille pas trop, dans la souffrance contemporaine.
    Pour rappel, la clinique propre à Pierre Delion, qui relie « clinique transférentielle », psychothérapie institutionnelle, autisme et sémiotique peircienne, peut aussi se retrouver dans nombre de références à la constellation de la psychothérapie institutionnelle (entretien avec Florence Fabre), mais aussi dans le champ de la pédopsychiatrie, en particulier sur le site Psynem, où Pierre nous propose une lumineuse petite description de ce qu’est le concept d’institution, mais aussi une discussion sur la psychiatrie de secteur tout à fait complémentaire de notre propre entretien. Cette dernière intervention, dans sa légèreté et sa densité, font écho à un autre de ses propos, parmi sa longue bibliographie : Qu’est-ce que la psychothérapie institutionnelle ? Conversation avec Yasuo Miwaki, publié aux indispensables Éditions d’Une. Enfin, l’abord des liens féconds entre autisme, psychiatrie et sémiotique peircienne est indissociable du nom de Michel Balat.
    Quant à moi, j’ai commenté et développé cette alliance sémiotique à plusieurs reprises : elle est au cœur du Langage en deçà des mots, elle se trouve également dans trois séances données au printemps 2020 dans le cadre de notre DU, et enfin, de façon plus ramassée, dans « Faire signe », troisième des Arabesques sur le courage, ainsi que dans les « conférences scandinaves » rassemblées dans le document Écrits post-HDR.

  • 2021.01.09. Elne. Florence Fabre. Art&Motion, naissance quotidienne de l'Accueillette, Art-thérapie institutionnelle, danse pulsionnelle
    Mon amie Florence Fabre est art-thérapeute. Elle a créé, à Elne, l’atelier Art & Motion. Né sur le terreau d’un ancien verger plongé dans les générations, et ouvert sur les cheminements et errances étrangères, au pied du Canigou, c’est un lieu où la fonction d’accueil, de portance et de transmission, de retrouvaille avec la force poiétique de l’existence, intime et partagée, peut se réenraciner dans le corps désirant du sujet. Art & Motion rassemble deux lieux : L’Accueillette, centre d’accueil de jour, et La Tuché, lieu de transmission et de formation (présentation). C’est à la jonction de ces deux lieux que régulièrement, avec nos amies et amis, nous nous rencontrons.

  • Trois « repères » majeurs permettent de construire le travail de ce lieu d’une « art-thérapie institutionnelle » : l’art-thérapie, en particulier à partir de l’œuvre de Laura Grignoli, la psychothérapie institutionnelle (aux confluents de la psychanalyse, la phénoménologie psychiatrique et l’anthropopsychiatrie ; Jean Oury, Francesc Tosquelles, Pierre Delion, Danielle Roulot, Michel Lecarpentier, et bien d’autres), et la sémiotique de Peirce, cette dernière ayant été apportée par Michel Balat, à la rencontre de la clinique psychiatrique, de l’éveil de coma et de la logique — et que je présente dans Le Langage en-deçà des mots (Paris, Éditions d’Une, 2021).

    Un soir de janvier 2021, après une belle journée d’élaboration et d’écriture, nous parlons amicalement du sens que prend ce geste, dont elle parle en son nom propre, mais porté par le nom commun et les prénoms multiples du groupe des gens, là, désirant véritablement être là — par-delà les bêtes statuts soignants/soignés. De quelle pulsion, de quelle danse, naît cet espace qui a lieu ?

  • 2020.10.18. Gaignard & al. La décision, matin puis après-midi. Voici la suite du séminaire organisé par Lise Gaignard autour de la notion de décision dans son rapport au travail en petites équipes. Vous pouvez déjà écouter, plus bas, la première journée du 1er décembre 2018. Voici, ici, la description de cette journée. 
  • 2019.09.26. Machines partout, Œdipe nulle part. Mon copain Valentin Schaepelynck, au micro de l’émission  de France Culture Les Chemins de la philosophie, propose un très bon panorama à vol d’oiseau de la psychothérapie institutionnelle, depuis son point de vue d’analyse institutionnelle. Il est par ailleurs l’un des membres du comité de rédaction de la revue Chimères, créée par Deleuze et Guattari. Il a écrit L’Institution renversée. Folie, analyse institutionnelle et champ social (chez Etérotopia).
  • 2018.12.01. Gaignard et al. Travail et décision, partie 1, puis partie 2, puis partie 3.
    Lise Gaignard, amie psychanalyste ancrée dans la clinique concrète comme dirait Tosquelles, questionne, entre autres, la psychodynamique du travail. Avec un sens du décapage qui fait du bien, tant certaines couches de rouille ou de plomb, d'aliénation, ont tendance à nous faire oublier que nous sommes aussi des êtres de peau, de désir léger autant que profond. Nous ne sommes pas condamnés à ne faire que survivre dans un dehors inhabitable; mais à force de le croire, et de nous y adapter, cela peut avoir des conséquences, psychiques, mais aussi éthiques. Et il s’agit de l’assumer autant que de l’affronter, et si possible en effectuer la reprise. C’est complexe. Cette complexité nécessite de ne pas angéliser les pratiques concrètes où l’on essaie de dégager, justement, un peu d’humain dans la suraliénation sociale et doxique. C’est l’objet du séminaire Travail et décision, qui a eu lieu le 1er décembre 2018 (images ici et ), au Mans, à La Fonderie.
    Je suis heureux que Sens et praxis accueille de telles paroles, dans la connivence. Autour de la psychothérapie institutionnelle et de la psychodynamique du travail, dont Lise est l’une des représentantes les plus aigues, la de cette dernière réflexion noue plusieurs voies explorées dans ce site: dans le champ social (et pas seulement pédagogique, psychiatrique ou artistique), il n’y a pas d’émergence d’une praxis sans le questionnement princeps de l’analyse institutionnelle, celle de l’aliénation psychique et sociale. Je renvoie entre autres, aux Éditions d’Une, à ses Chroniques du travail aliéné, ainsi qu’à sa contribution dans François Tosquelles et le travail (dirigé par Pascale Molinier), et également au bel ouvrage de la regrettée Anne Flottès, Travail et Utopie. Réinventer des coopérations subversives. Je pense également aux travaux de Damien Cru, dont Le Risque et la Règle, chez Érès. Enfin, impossible d’entendre « décision » sans y entendre résonner la voix de Jean Oury et l’année du Séminaire de Sainte-Anne qu’il a consacré à… La Décision.
  • En Côte-d’Ivoire, un groupe de personnes vivant et travaillant à La Borde, sur l’idée de l’un d’entre eux, ivoirien, va dans le village de ce dernier. Il en naît ce qui, longtemps, quand les camarades de psychothérapie institutionnelle en parlent, est appelé « La Borde-Ivoire ». Un tiret entre deux territoires, du passage, du lien. Autour de cela, des nouvelles sont régulièrement données dans la revue Institutions, la longue et fidèle publication de psychothérapie institutionnelle, à laquelle je renvoie. Mais il existe aussi deux autres lieux où l’on peut avoir un regard sur ce qui se joue autour de cela. Jean Oury y consacre une séance, dense, de février du Collectif, séminaire de Sainte-Anne (publié d’abord aux Éditions du Scarabée à Paris, et maintenant réédité chez Champ Social Éditions à Nîmes). Une magnifique analyse institutionnelle, une magistrale méditation sur le sens, l’ici, l’ailleurs, la différence quasi-indiscernable entre la fuite (ligne ou pas…) et le dé-placement. Et puis, récemment, ce magnifique reportage d’Arte, Côte d’Ivoire, un village au service des malades mentaux.Des mondes qui peuvent faire rencontre, faire piqûre, et envoyer balader les tartufades du genre « fossé culturel », « choc civilisationnel ». Dans le registre du transfert et du fantasme, et de l’éthique quotidienne, on peut déchaîner de la parole et de l’existence. Ça peut se passer de mots, la parole, c’est-à-dire de mots qu’on croit clairs et purement informationnels, rassurants. De toute façon, chaque rencontre entre deux praxis engendre toujours un champ d’indicible et d’effondrement de la « compréhension », c’est un cap d’angoisse dont nulle « proximité » ne saurait autoriser l’évitement.
  • 2016.09.19. Elne. Balat, sémiotique peircienne, éveil de coma, parole
    Cette sémiotique peircienne telle qu’elle a été acclimatée à la clinique de l’éveil de coma, ou à celle de la psychothérapie institutionnelle, au sujet de l’autisme ou de la schizophrénie, voici l’occasion de l’entendre présenter par la voix chaude de Michel Balat. Voici une petite variation, parmi les nombreuses que Michel nous offre sur ce champ immense auquel il a contribué à ouvrir Jean Oury, Danielle Roulot, Pierre Delion et, avec eux, toute la psychothérapie institutionnelle. Ici, Michel nous parle lors des Journées Francesc Tosquelles organisées à Elne en septembre 2016, par notre autre repère-amie, Florence Fabre (cf. sur cette page, entretien du 9 janvier 2021), et toutes celles du Mas Flore où vit l’Atelier Art-Motion, qui rassemble  l’Accueillette, accueil de jour, et La Tuché, organisme de transmission en art-thérapie, psychothérapie institutionnelle et sémiotique.
    Cette rencontre entre sémiotique et clinique est également éclairée, sur ce site, en plusieurs endroits. De façon introductive, voir les séances du séminaire Sémiotique, pratique et clinique du mastère en sciences de l'éducation de Paris 8 et par « Faire signe », troisième des Arabesques sur le courage ainsi que dans les « conférences scandinaves » rassemblées dans le document Écrits post-HDR. De façon approfondie, voir trois séances de notre Diplôme universitaire Psychothérapie institutionnelle et psychiatrie de secteurs de Paris 7, et surtout mon ouvrage Le Langage en-deçà des mots. Rencontre à l'aube du langage entre psychothérapie institutionnelle et sémiotique peircienne, publié aux Éditions d'une.